Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 14:21

Sources

Le monde 6 janvier 2012

 

Fondé entre 1925 et 1940 par Morihei Ueshiba, l'aïkido consiste à neutraliser l'adversaire grâce à des techniques circulaires. Précision, souplesse et fluidité contribuent à atteindre la pureté du geste. Au Tapis! a rencontré Christian Tissier, Shihan 7e dan, expert reconnu dans son domaine qui a ouvert sa propre école en 1976 et formé tous les plus haut-gradés français.

Du Japon, il ne manque que les temples aux toits courbés comme des moustaches, ces points d’eau surplombés d’un pont discret qui paraîtrait faire le grand écart. A quelques mètres seulement du château de Vincennes, en plein milieu de la rue de Fontenay, un corridor étroit débouche sur un jardin tout en longueur. « Cercle Ch. Tissier », indique une pancarte d’un autre âge rongée par le lierre. On saute les escaliers, on enjambe les dalles rondes comme à la marelle pour pénétrer le lieu, succession de couloirs, vestiaires et dojos. Ici, une large palette de disciplines sont enseignées par des professeurs triés sur le volet. Du judo au ju-jitsu brésilien (JJB) ; du karaté au ninjutsu enseigné par le shihan Arnaud Cousergue. Mais à la base, c’est l’aïkido qui a permis à cette école d’obtenir ses lettres de noblesse.

A l’accueil, Christian Tissier, le maître des lieux à l’enseigne du même nom, classe des documents. A 61 ans, son expertise reconnue lui vaut de parcourir le monde pour transmettre « la recherche d’un idéal de pureté par le geste », sa définition de l’aïkido. « Quand j’ai monté le club en 1976, il y avait environ 3000 pratiquants en France. Aujourd’hui, le nombre de licenciés avoisine les 60 000 », se satisfait Christian Tissier qui a largement contribué à faire de la France le second pays où l’on pratique le plus cet art-martial. Pour s’en persuader, un simple coup de fil à la Fédération française d’aïkido permet d’en avoir le cœur net : « Vous cherchez une personne calée ? Christian Tissier », me répond-on sans détour. Et pour cause, tous les délégués techniques ont été formés par le shihan 7e dan. Sur place, le constat s’impose : une brochette de haut gradés déferle dans le dojo. « Chaque année, ils sont entre 400 et 500 à venir chez moi, surtout pour se recycler. » A 70 ans, Jean-Paul Nikolaï est un de ceux-là. « J’ai commencé l’aïkido avec Christian. C’est une sommité dans le monde de l’aïkido car il a passé 7 ans au Japon et il maîtrise les fondamentaux comme personne en France », assure ce professeur 5e dan, pressé de commencer l’entraînement.

Lorsqu’il s’est vu remettre son 2e dan, Christian Tissier était loin d’imaginer qu’il deviendrait cet expert adoubé par les maîtres de l’Aikikaï, le temple de l’aïkido au Japon. « J’avais 17 ans, je ne connaissais rien de la vie, je n’avais pas d’a priori et j’ouvrais de grands yeux sur les choses qui m’étaient inconnues. C’était très difficile d’avoir une progression rapide en France. On voyait de temps en temps un professeur 3e dan, mais guère plus. Au début de l’année 1969, j’ai eu l’occasion de partir au Japon. A l’époque, on ne voyageait pas comme maintenant. C’était un rêve, une quête. Je suis revenu en France à seulement 25 ans », rigole Christian Tissier. Durant ses sept années au pays du Soleil-Levant, le Français apprend le Japonais (qu’il parle couramment) en suivant les cours de la Tokyo School of the Japan language et à Sophia University. Parallèlement, il renforce l’apprentissage de son art à l’Aïkikaï où il devient le disciple préféré de Seigo Yamagushi. « Ce qui a fait la différence, je crois, c’est ma relation aux Japonais. Il faut bien comprendre que pour eux, c’est difficile d’imaginer un maître non-Japonais. »

Des années après avoir monté son école et effectué des séjours réguliers au Japon, Christian Tissier se voit remettre, en 1997, le grade de 7e dan par Kisshomaru Ueshiba, le fils de Morihei Ueshiba, le père de l’aïkido. « Je garde précieusement la lettre qu’il m’a écrite. C’était un honneur et une porte-ouverte pour tous les pratiquants non-japonais. » A ce jour, Christian Tissier est le seul Français à se prévaloir du titre de shihan, 7e dan délivré par les maîtres de l’Aïkikaï. « En France, il y a d’autres 7e dan qui se réclament de l’Aïkikaï. Pourtant, le constat est là : techniquement, ce n’est pas au point. »

Sur le tatami, ils sont une cinquantaine sagement alignés pour le salut, plongé dans un silence de cathédrale. Aux hakamas des experts se mêlent les kimonos blancs des aïkidokas qui comptent encore peu d’années de pratique à leur actif. Il y a même un nouvel arrivant, rapidement pris en charge par un haut-gradé. « A l’aïkido, on ne fait pas n’importe quoi. Les débutants doivent être accompagnés. C’est un art martial très physique où l’on peut se blesser facilement si on ne possède pas les bases, soutient Christian Tissier. Au début, tout le travail va consister à acquérir des sensations, l’endurance et la technique nécessaires pour appréhender la chute. C’est une fois toutes ces notions intégrées qu’un aïkidoka pourra avoir un hakama. » Ce pantalon large soutenu par un dosseret signifie que l’aïkidoka possède assez d’expérience pour appréhender la chute. « Quand je fais une démonstration à mes élèves, je prends toujours des uke différents, il est important que je sache distinguer ceux qui sauront s’adapter au mouvement. » Quant aux années de pratique, tout dépend de l’investissement. « Pour avoir une belle progression, il faut venir 2 à 3 fois par semaine. On n’apprend rien si l’on vient deux fois par an », tranche M. Tissier.

« Rei », lâche le sensei en s’inclinant devant le portrait de Morihei Ueshiba. Après un court échauffement (très axé autour des articulations), Christian Tissier salue un partenaire. Objectif aujourd’hui : contrer une attaque adverse en se servant de la force de l’adversaire pour l’amener dans une situation de déséquilibre. A regarder les gestes méticuleux du professeur, on comprend que tout le succès d’une prise réside dans la précision du placement, aussi bien des mains que des pieds. D’ailleurs, lorsque les élèves reproduisent le mouvement, l’exécution n’est jamais aussi propre. Christian Tissier passe dans chaque groupe pour corriger les menus détails qui font toute la différence. « Dans la forme que je vous propose, il ne faut pas être trop loin du partenaire, recommande le sensei au groupe qui se masse en cercle autour de lui. « On choisit un point et là, on sent bien qu’il n’y a plus qu’à tourner », ajoute-t-il en faisant chuter son uke.

Céline, la trentaine, pratique l'aïkido depuis trois ans au Cercle Tissier.

De tous les aïkidokas présents, les femmes semblent plus proches du bon geste. « A L’aïkido, le rapport poids, puissance, musculation n’existe pas. C’est un art martial qui leur convient bien, assure Christian Tissier. Nous effectuons beaucoup de mouvements circulaires qui demandent juste de la précision. Les blocages et les chutes sont esthétiques et souvent ce qui leur plaît, c’est qu’il n’y a pas d’objectif de compétition derrière notre discipline. » Céline, la trentaine, pratique l’aïkido au cercle Tissier depuis trois ans. « Avant, je me cognais partout. J’avais besoin de pouvoir faire quelque chose de mon corps. L’Aïkido, ça permet de s’adapter à tous types de situations et j’ai beaucoup plus confiance en moi depuis que je m’y suis mise. »

Pour cet autre aïkidoka, qui tient à conserver l’anonymat, le point de vue est différent. « Je me suis mis à l’aïkido car c’est le sport non-violent par excellence qui permet de maîtriser ses pulsions. J’y suis venu à mon retour du Brésil il y a quelques années. Là-bas, j’ai été pris dans une rixe et j’ai bien failli y rester. Après cet événement traumatisant, je ressassais tout ça et je renfermais une grande violence en moi. L’aïkido m’a permis d’avoir un autre regard sur les choses, de m’assagir. »

Fin du cours. Après le salut, certains terminent par des étirements tandis que d’autres replient soigneusement leur hakama. L’exercice paraît un rituel. Soigneusement, d’un pincement de doigts, les extrémités de la robe viennent se rabattre l’une sur l’autre. Les attaches tressées convergent vers un nœud mystérieux qui semble empreint de religiosité. « Le hakama est un vêtement traditionnel au Japon, mais il ne faut pas chercher pour autant de spiritualité. Oui, effectivement, certaines personnes vont mettre une philosophie derrière tout ça, mais c’est très surfait, balaye Christian Tissier. Au Japon, à l’Aïkikaï, on les appelle les "japonisants" ou les "tatamisants". Ceux qui veulent être plus Japonais que les Japonais. »

Florent Bouteiller

Par aikido.nord - Publié dans : Reportages
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 09:19

Lettre d'informations FFAAA
Saison 2011 - 2012

 

Bonjour,

Voici une lettre d'informations du site de la FFAAA pour la saison 2011-2012.
Inutile de répondre à ce message, les mails ne sont pas lus à cette adresse.

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URGENT ! Journée d'informations VAE

La Commission Formation de la FFAAA organise pour vous une après-midi d’information gratuite sur la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) le samedi 7 janvier 2011, de 14h30 à 18h30 à Vanves (92).

Vous désirez participer à cette réunion ? Inscrivez-vous auprès du secrétariat de la FFAAA en nous retournant le formulaire d’inscription ci dessous et ce, avant le 28 décembre prochain. Une invitation gratuite vous sera adressée personnellement avec le plan et les moyens d’accès.

Merci de faire circuler cette information le plus rapidement possible.

Plus d'infos et formulaire d'inscription

 


Prolongation des inscriptions au CQP

Les inscriptions au CQP ont été prolongés jusqu'au 15 janvier 2012.
Dépêchez-vous !

Merci de faire circuler cette information.

Renseignements sur le CQP
Fiche d'inscription CQP saison 2011-2012.

 


Stage national préparation examens avril 2012

Ce stage prépare aux différents diplômes d'enseignement : BF, CQP, BE1 et BE2. Ce sera probablement le dernier stage sous cette forme en raison de la disparition des BE.

Il se déroulera du samedi 7 au lundi 9 avril 2012 (Pâques) au CREPS de Reims soit 2 semaines avant le dernier BE. Ce stage sera animé par : Paul MULLER 7° DAN et Gilles RETTEL 6° DAN.

Dès publication, l'affiche du stage et le bulletin d'inscription seront sur le site de la Fédération.

 


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Bonnes fêtes de fin d'année

Par aikido.nord - Publié dans : Ligue et Fédération
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 19:20

Par aikido.nord - Publié dans : Ligue et Fédération
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 17:17
Zen attitude 25/11/2011 à 10h57
 

 


Démonstration d'aïkido à Tokyo, le 26 mai 2007 (Kim Kyung Hoon/Reuters)

Le portrait, que nous avons publié il y a quelques semaines, du philosophe de l'anti-sport, Fabien Ollier, vous a beaucoup fait réagir, souvent exaspéré. Selon lui, le sport est une pratique aliénante et productrice de fragmentation sociale, le vecteur de l'esprit du capitalisme. Dans les commentaires, plusieurs d'entre vous ont opposé un contre-exemple, l'activité physique parfaite : l'aïkido.

Pas de compétition, mixte, plaçant les forts et les faibles sur un pied d'égalité.

Comme nous écoutons toujours les grands maîtres et que Morihei Ueshiba, le fondateur de la discipline, disait que « l'aïkido ne s'explique pas, il se pratique », nous avons suivi un cours de l'association Tenchi, dans le Xe arrondissement parisien.

On peut projeter sans toucher ?

Dissipons un premier malentendu : Fabien Ollier combat le sport, l'aïkido n'en est pas un. C'est un art martial, une activité physique, qui, à l'exception d'une ou deux écoles, ne se pratique pas en compétition. Créée dans les années 40, « la voie de l'harmonie » ou « de la concordance des énergies » ou « du souffle » (le japonais est difficile à traduire) a longtemps été perçue comme une discipline mystérieuse.

Le truc à la mode chez les baba cool des seventies.

Dans ce reportage de 1964, le jeune journaliste Thierry Roland, qui devait attendre que Jean-Mimi raccroche les crampons, présente cette drôle de discipline et son inventeur, « un extraordinaire vieillard de 86 ans au visage étonnant de pureté ».

Quand on pose les pieds sur le tatami, ce qui saute aux yeux, c'est la belle mixité vantée par ses défenseurs. Un petit vieux pousse des « Itch » face à un black baraqué, à côté d'un chauve à lunettes ; un Chabal en moins épais fait face à une jeune femme toute menue.

Le prof se balade dans les rangs, corrige la position des pieds, rappelle que « le corps n'est pas une serpillère ». Les exercices apprennent la coordination et entraînent à l'esquive et à la chute. Les coups ne sont pas portés et les mouvements, souvent compliqués, se répètent au ralenti. On se sent bien, on est tous ensemble, on peut défier les méchants.

« Intéressant de s'exercer avec des novices »

Comme les autres, Emmanuel, le Chabal filiforme, s'exerce parfois à mains nues, parfois avec un bâton.

« Le travail se fait à deux. Pour progresser, il faut faire progresser l'autre. A tour de rôle, on est attaquant et défenseur. Pour s'améliorer en tant que défenseur, il faut que l'attaque soit bonne.

C'est presque plus intéressant pour nous de s'exercer avec des gens inexpérimentés. Ca nous force à interroger sur chaque mouvement. Et la marge de progression est la même pour chacun. On part d'un certain niveau pour en atteindre un autre. »

Pas un cours d'auto-défense

Sa partenaire, Flavia :

« C'est une discipline qui n'est pas basée sur la force. Il ne faut pas venir avec l'idée de faire de l'auto-défense. Le but, ce n'est pas d'apprendre des techniques pour les utiliser dans la vie. »

Comme le tai-chi ou le yoga, l'aïkido ne jure que par l'harmonie. Détendre l'esprit en assouplissant le corps. Et essayer de devenir plus équilibré. Bruno :

« L'aïkido, c'est apprendre à abandonner son ego et gérer sa frustration. Ne pas porter le coup, ne pas faire mal à l'autre, ne pas vouloir montrer qu'on est le meilleur. C'est un travail sur soi permanent. »

C'est assez amusant de voir ce qui a poussé chacun à se mettre à l'aïkido :

  • Emmanuel, ceinture noire, en fait depuis dix ans pour canaliser son agressivité. Plus jeune, il a essayé des sports de combat mais ça le rendait belliqueux ;
  • Flavia n'aime pas le sport et refuse « l'idée de s'exercer pour gagner » ;
  • Après avoir tenté le karaté et le Viet Vo Dao, Julien a choisi l'aïkido. « Quand on porte les coups, il y a quelque chose de plus réaliste mais de plus pervers aussi, de moins constructif. On a tendance à se replier sur soi, à reculer, à se planquer. Ou à écraser l'autre quand on est meilleur. Ca donne l'impression de ne pas avancer » ;
  • Au départ, le prof Julien venait juste pour boire des coups à la fin des entraînements avec ses potes qui en faisaient ;
  • Caroline a pratiqué la danse pendant vingt-cinq ans et lorsqu'elle a arrêté, elle a pris plus de plaisir à l'aïkido qu'au tai-chi.

« Parfois, ça ne se passe pas bien »

Jetons quelques tâches de peinture noire sur ce joli tableau. Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de combat que l'esprit de compétition disparaît. Le prof Paul Benita fait de l'aïkido depuis trente ans et il refuse d'en défendre une vision idyllique.

« Dès qu'il y a volonté de mimétisme, il y a un peu de compétition. On a toujours envie d'avoir raison. On tend vers l'harmonie mais c'est compliqué. Parfois, ça ne se passe pas bien. On a dû virer deux ou trois personnes des cours. »

Il ajoute :

« La mixité est réelle mais souvent, dans les cours privés commes les nôtres, c'est cher. C'est 450 euros à l'année, même s'il y a tout un tas de réductions. »

De même, selon Flavia, la belle parité hommes/femmes a parfois quelque chose d'un peu artificiel.

« Il ne faut pas se faire un monde idéal de la mixité. On ressent quand même une différence de statut, on n'a pas toujours envie de se mettre avec nous à l'entraînement ! »

La fascination malsaine du prof

Surtout, Paul assure que le rapport du maître à l'élève est compliqué à gérer. Celui-là même que dénonce Fabien Ollier, lui qui compare les coaches à des gourous.

« Dès qu'il y a un prof, il y a fascination. C'est ce qui nous a éloigné de notre ancien maître et c'est un truc contre lequel on bute sans arrêt. Je donne des cours depuis vingt ans et je ne sais toujours pas comment évacuer ça. »

Tous jurent que contrairement au judo, dont le fondateur a voulu qu'il devienne un sport de compétition pour toucher un plus grand public, l'aïkido restera un loisir relaxant et altruiste.

Thierry Roland concluait son reportage en citant Morihei Ueshiba :

« “ J'ai créé l'aïkido pour que tout le monde ne forme qu'un ”. Puisse-t-il être entendu dans notre monde tourmenté. »

Merci a Skippy nen kan
Par aikido.nord - Publié dans : Point de vue
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 09:19

Par aikido.nord - Publié dans : Ligue et Fédération
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